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En scène | La Nuit juste avant les forêts, au théâtre du Nord — par Eric Castex

à l’affiche…                     

« Mon projet de mise en scène est proche d’une atmosphère du Bronx. Un film de Jarmusch en noir et Blanc » confie le metteur en scène, Éric Castex. La Nuit juste avant les forêts est représentée du 12 au 22 mars au Théâtre du Nord, avec Azeddine Benamara accompagné de Dorian Baste.

Notes de Éric Castex :

Le jeune homme que fait parler Koltès, jeune frère de Rimbaud et de Genet, tente de retenir, en usant de tous les mots dont il dispose, un inconnu qu’il a abordé dans la rue un soir où il était seul, seul à en mourir. Il parle, il parle aussi frénétiquement qu’il ferait l’amour, il crie son univers : un univers nocturne où il est l’étranger, l’orphelin, et qu’il fuit en se cognant partout dans sa difficulté d’être et sa fureur de vivre.
Cette parole adressée un soir dans l’urgence à un inconnu est un intéressant phénomène explosif.
C’est dans l’agencement d’une réplique à l’autre, et des phrases et des mots à l’intérieur d’une même réplique, que se découvre un jeu tout à fait singulier des passions et des idées, des pulsions fugitives et des grands thèmes universels, à partir duquel une histoire se raconte, des personnages se constituent, des espaces se délimitent et se croisent, des passés et des avenirs entrent en collision ou fusionnent. Un présent s’impose, fait de toutes les situations humaines et de tous les mouvements de l’âme. « C’est le présent théâtral même, c’est le théâtre », écrit Michel Vinaver.