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Parution | J.-M. Lanteri, En noir et blanc

En octobre 2014, aux Ă©ditions du Septentrion                     

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Jean-Marc Lanteri parmi les premiers universitaires, consacra ses travaux Ă  Bernard-Marie Koltès — outre une thèse de doctorat, plusieurs articles, communications, autour des enjeux dramatiques et Ă©thiques. Auteur, enseignant (aujourd’hui Ă  l’universitĂ© de Lille), traducteur, il publie aujourd’hui un essai : Ă  l’horizon de l’Ĺ“uvre et du monde avec laquelle elle dialogue, cet essai interroge sa portĂ©e politique — au sens large — dans le rapport neuf qu’elle institue avec l’autre, tout autre, et notamment soi-mĂŞme.

AM.

PrĂ©sentation de l’Ă©diteur:

Théâtre de l’autre, pour l’autre, avec l’autre, l’œuvre de Koltès offre une expĂ©rience Ă©thique singulière, oĂą la conscience occidentale affronte, sans honte complaisante et sans oubli obscène, son passĂ© d’esclavagiste et son prĂ©sent de prĂ©dateur, la lĂ©gende de ses conquĂŞtes et le trouble de son dĂ©sir.
Consacré spécifiquement aux six pièces créées entre la fin des années soixante-dix et la fin des années quatre-vingt, En noir et blanc cerne au plus près ce topos incontournable du théâtre koltésien : le conflit du noir et du blanc dont la violence n’a d’égale que la complexité. Avec une grande acuité de regard, une âpreté sans compromis, Bernard-Marie Koltès en a décliné toutes les figures. Riches et pauvres, dominants et dominés, autochtones et émigrés, anciens colons et nouveaux colonisés s’affrontent impitoyablement mais ces duels, qui les jettent les uns contre les autres, redorent aussi l’altérité prestigieuse de l’ennemi.
Nourri du roman anglo-saxon ou du cinéma, Koltès ouvrait la scène théâtrale sur l’horizon brûlant du monde, pour dissoudre les rouges et or du rideau dans le béton des chantiers, l’acier des hangars ou la nuit urbaine. À l’heure où l’écriture théâtrale empruntait déjà les voies du narcissisme ou du formalisme langagier, Koltès réévaluait ainsi la très ancienne dramaturgie du conflit, pour s’inscrire lui-même en tant que sujet dans son histoire et dans l’Histoire.

Sommaire

Le photographe et son modèle

I : DU SACRIFICATEUR AU CONDAMNE

L’apothĂ©ose des Blacks
Le médiateur suprême
L’ange exterminateur
Le fondement Ă©thique

Figures de l’éternelle victime
Un destin climatique
Les condamnés
Les deux fins

Le fantĂ´me du romanesque
Romanisations
Théâtre et nature
L’archipel faulknérien

II : LE DRAME AU TEMPS DU MONDIALISME

Le grand désenchantement
« L’Histoire est un cauchemar dont j’essaye de m’éveiller »
Politiquement neutre
Guerre, guérilla, duel.

L’espace théâtral
Le schisme initial
La plasticité du territoire
Un modèle transgéographique ou le camp implicite

Économie, économie, Horatio !
De la base au sommet
Le marginal Ă©conomique
La grande entropie

III : ÉTRANGERETE ET CONNIVENCE

L’expérience généalogique
Lumière et obscurité
Le bestiaire koltésien
Archéologie de la violence, archéologie du désir

Le théâtre du désir
Masques et déviances
DĂ©sir et politique
Des arts cinétiques

Langage et silence
La toute-puissance du verbe ?
Vers Babel
La relation spéculaire

Le dernier auteur dramatique ?